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Chroniques 21

Chroniques en vrac surtout sur tout ... enfin, presque.

 


 Le mot du jour, c’est plu.

Oui, plu, P.L.U., … ou P.L.U.E., et peut-être même P.L.U.T. voire P.L.U.S., enfin, je ne sais plus.

Bon, au départ, j’étais au restaurant avec Christophe, et je lui disais que je voulais faire le mot [BIP sonore]. Je m’en souviens, nous en étions à l’entrée, je m’énervais après mon avocat, mais il m’a fait remarquer qu’à cette heure de grande écoute, ce n’était pas possible. On aurait des ennuis avec le CSA. Non, ce n’est pas mon avocat qui a dit ça, mais Christophe. Un avocat à la vinaigrette, ça ne parle pas. Non, mais vous dites vraiment n’importe quoi. Donc pris de court, j’ai décidé de parler de la pluie et du beau temps. Enfin, plutôt de la pluie, car cette histoire m’a rendu sombre. Alors, allons-y pour « plu ».

Voilà ce qui nous est arrivé, il y a quelques temps, à ma femme et moi, avec des vacanciers qui étaient vraiment des gens on ne peut plus particuliers. Il faut vous dire qu’on tient un gîte dans la Somme, et des vacanciers, on en reçoit tant et plus. Enfin, ceux-là étaient plutôt spéciaux. Quand on leur a dit « Hier, il a plu. », ça ne leur a pas plu. Par contre, lorsqu’on leur a dit « Mais la semaine dernière, il n’a pas plu. », alors là, ça leur a plu. Ils avaient vraiment l’esprit de contradiction.

En plus, lorsque l’on a ajouté : « Mais demain, il pleuvra. », la petite dame a pleuré toutes les larmes de son corps, ça n’en finissait plus. Comme elle était trempée, on lui a dit : « Allez, ne pleurez plus. », et j’ai ajouté : « C’est comme si il vous avait plu sur la tête. ». Et là, elle a ri à se pisser dessus … enfin, j’ai l’impression que ma remarque lui a bien plu.

Mais nous, on n’en pouvait plus de chercher à les comprendre, car pluie ou pas pluie, avec ou sans parapluie, le coin leur a quand même bien plu, bien qu’il ait plu. En somme, ce qui leur a le plus plu, c’est quand il n’a plus plu. Et pourtant, nous sommes dans la Somme, où quand il a plu, on s’y fait et on n’y pense plus. Car si on fait la somme de tout ce qu’il a plu, ici ou ailleurs, il n’a pas plus plu ici qu’ailleurs. Je leur ai d’ailleurs dit : « Faisons un pari. Je suis sûr qu’il a plus plu à Paris qu’ici, en somme. » Oui, parce que j’ai oublié de vous dire qu’ils venaient de Paris, à moins que je ne vous l’ai déjà dit, alors ça fera une fois de plus. N’y pensez plus !

Et bien figurez-vous que j’ai gagné mon pari. Mais ça, je l’aurais parié.

Qu’est-ce que nous avons gagné ? Tout simplement un week-end tous frais inclus à Paris, chez nos vacanciers, transport et visites compris. Nous, on était ravis. Ça nous a fait des vacances, chose rare pour nous à cause de nos hôtes qui nous demandent sans cesse le gîte et le couvert. En plus, on ne connaissait pas Paris où tout s’agite. Ça nous a changé du calme de notre gîte.

Bon, oui, en fin de compte, ça nous a plutôt bien plu. On a vu tous les trucs de Paris : la Tour, l’Arc, les Raisins valides, et surtout, ce qui nous a le plus plu, la Louve … Euh, non, la Louvre – enfin, un truc comme ça. Je ne me rappelle plus. C’est un espèce de pyramide de verre avec en dessous des statues qui n’ont plus de bras et le portrait d’une bourgeoise au rire plus que coincé : Une italienne, je crois, Mona Ricci, ou Monica Loren, enfin, on s’en fout.

La visite fut longue, mais au fil des heures ça nous a de plus en plus plu, et même plus que ça.

En surplus, j’ai pu acheter un poster de mon idole, Claude Piéplu, portrait en pied. Enfin, la version papier, parce que, plastifié, certes ça résiste plus quand il pleut, mais c’est beaucoup plus cher.

A la fin, on n’en pouvait plus, et on leur a dit : « N’en jetez plus ! ». Alors, on est sorti jeter un œil dehors, et ce qu’on a vu ne nous a pas plu du tout. Pendant toute notre visite sous la pyramide, il avait plu. Mais pas « plus ou moins » plu. Non, il avait plu dru… Et par la suite, il a plu tout le week-end, alors qu’en Somme il n’a pas plu une goutte. Et ça, ça leur aurait bien plu à nos visiteurs lorsqu’ils étaient venus chez nous. Mais bon, c’est comme ça, on n’y peut plus rien. Mais je dois dire que venir enfin à Paris et se faire saucer autant, vraiment, on ne m’y reprendra plus. Il a tant plu qu’il y avait une marre devant chez eux, et on en a eu plus que marre. Heureusement, le soir, il n’y eut plus de marre, et on n’en eu plus marre. On a donc pu s’y mettre… oui, nous coucher.

En plus, j’ai compris pourquoi quand ils étaient venus dans la Somme, qu’il ait tant plu, ça leur avait vraiment déplu. On le serait à moins.

Allez, j’espère que notre histoire vous a plu, mais j’arrête là, car, enfin, il ne pleut plus. On peut donc rentrer chez nous... où, paraît-il, il pleut !